jeudi 26 juin 2008

Chômeur, tu es une merde...

On ne va pas passer des siècles à se demander comment on a pu en arriver là... En tout cas, on y est.

Le Sénat, en première lecture a voté le texte de loi très controversé sur les "droits et devoirs" du chômeur. Alors. Prenons ça très concrètement. Voire terre-à-terre.

Imaginons un cas d'école : Un journaliste qui postule à un boulot de journaliste. Profession sinistrée. Peu de travail, beaucoup de monde sur les rangs, des employeurs qui n'attendaient que ça.

Qu'est-ce qu'il se passe, hein?


A : Le mec est déjà en poste (les sommes sont à titre d'exemple) --> L'employeur le reçoit, ça cause, ça cause, tout le monde semble content. L'employeur demande alors : "combien vous demandez?", "Disons, pour les 10 ans d'expérience et vu mon salaire actuel, si je fais un petit effort, je dirais 3000 euros par mois", fait le journaliste postulant. "Très bien monsieur X, nous allons étudier votre candidature avec attention. Nous ne manquerons pas de vous rappeler", fait le recruteur. En réalité, dans sa tête, il se dit "Hein?! Combien?! Mais enfin, j'ai des chômeurs en fin de droits qui tapent à la porte et qui ne pourront pas refuser 1200 euros net ! Je crois qu'on va en rester là. Manque pas d'air celui-là !"

Conséquence de ce cas : la mobilité inter-entreprises dont on nous rebat les oreilles, hop ! aux oubliettes. Le journaliste en poste : il continuera à s'accrocher comme un Bernicle à son siège. Ne va plus rien branler, va tomber en dépression, va coûter grave cher à l'entreprise. Va faire son ulcère, sera renvoyé à 50 piges, touchera le chômage, touchera son cancer et coûtera cher à toute la société.
L'employeur lui, préfère attendre que les enchères baissent (oui, oui, les enchères, ça baisse maintenant, c'est un nouveau concept)

B : le journaliste est chômeur depuis peu (les sommes sont à titre d'exemple) et a déjà refusé deux offres dites "raisonnables"--> L'employeur le reçoit, ça cause, ça cause, tout le monde semble content. L'employeur demande alors : "combien vous demandez?", "Disons, pour les 10 ans d'expérience, vu que je suis au chômage, disons 2300 euros par mois", fait le journaliste postulant. "Très bien monsieur X, nous allons étudier votre candidature avec attention. Nous ne manquerons pas de vous rappeler", fait le recruteur. En réalité, dans sa tête, il se dit "Hein?! Combien?! Mais enfin, j'ai des chômeurs en fin de droits qui tapent à la porte et qui ne pourront pas refuser 1200 euros net ! Je crois qu'on va en rester là. Et puis des chèques repas tant qu'il y est?!"

Conséquences de ce cas : idem qu'avant. Sauf que le chômeur commence à avoir les chocottes. il n'a pas refusé, mais il ne trouve pas de travail et le temps passe... Bientôt, il va devoir accepter de travailler pour beaucoup moins. Le directeur lui, il est tout content, parce que comme ça, il fait baisser les prix du marché du travail. C'est bien.

Cas C : Notre journaliste est au chômage depuis un an. Il a fait des piges et tout le tralala, mais n'empêche. Prochaine offre, il pourra plus dire non. ---> L'employeur le reçoit, ça cause, ça cause jusqu'au moment du salaire : "Bien, depuis combien de temps êtes vous au chômage?", le journaliste rougit : "un an...", l'employeur s'exclame : "Alors le poste est à vous ! On va s'entendre. 1200 euros ! Banco !"

Conséquence de ce cas : le demandeur d'emploi est devenu un mendiant d'emploi. L'employeur donne un susucre, un mec disparaît des statistiques ANPE. Il va s'aigrir dans son entreprise car il sait qu'il est sous-payé. Donc il ne va pas non plus faire trop d'efforts pour 1200 euros par mois. Productivité 0. Mais tout le monde est content. Sauf celui qui travaille.

Conclusion : Je dis bravo. Bravo à ceux qui ont pensé à ce système. Chaque chômeur peut donc mesurer le souci que l'Etat et la représentation nationale ont de lui. Mais bon sang, il n'a qu'a pas être aussi feignant !

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